Tribune d’Alain Juillet, Ancien directeur du renseignement à la DGSE – Direction Générale de la Sécurité Extérieure

Contrairement aux affirmations sur l’unité des pays européens la crise sanitaire que nous vivons a montré en vraie grandeur, pour ceux qui l’ignoraient, que tous les États pratiquent le chacun pour soi y compris dans l’achat des matériels et des produits. Ceux qui ont anticipé ont un avantage réel car ils ont pu se préparer et agir tandis que les autres essaient de réagir au jour le jour et la sanction économique et sociale est brutale. L’Europe s’est révélée incapable de répondre à la crise par des actions communes.

Au plan des entreprises la crise a fait découvrir pour beaucoup et confirmer pour certains les limites de la mondialisation, l’importance du patriotisme économique, et les conséquences du principe de précaution.

L’économie libérale basée sur les échanges à l’échelle planétaire et la création de valeur pour l’actionnaire a montré ses limites. Les ruptures d’approvisionnement en amont ou en aval ont montré que la délocalisation pour raisons financières étaient dramatiques en cas de crise et qu’il fallait disposer de sources proches pour répondre aux imprévus. Tout en développant son niveau d’exportation, le président Trump, adepte de la doctrine de Monroe, y trouvera une raison de plus pour l’appliquer et privilégier son marché intérieur. Le président Xi Jinping fera de même pour continuer le recentrage économique de la Chine sur son propre territoire.

Il en sera bientôt de même avec les collapsologues et autres apôtres de la décroissance quand nos concitoyens vont se retrouver dans une crise économique et sociale avec un pouvoir d’achat réel ayant baissé de 10%. Le télétravail a ouvert la porte du management horizontal reposant sur des plateformes collaboratives et de la possibilité de réduire les déplacements et les temps de transports au niveau local, national et planétaire. Enfin il est temps de pratiquer réellement l’intelligence économique au niveau territorial pour éviter de se faire surprendre ce qui implique d’analyser et de se projeter dans le moyen et long terme. Visiblement les pays du sud de l’Europe n’ont pas su l’utiliser dans cette crise sanitaire.

Savoir anticiper sur son marché repose sur une parfaite connaissance dans la durée de la situation des et de son environnement territorial et planétaire.

Retrouvez l’intégralité de la tribune K2 d’Alain Juillet du 24 avril 2020 : https://www.cercle-k2.fr/etudes/libres-propos-alain-juillet-cercle-k2-340

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