Direction Générale de la Sécurité Intérieure

Direction Générale de la Sécurité Intérieure

Créée par décret du 30 avril 2014, la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) succède à la direction centrale de renseignement intérieur (DCRI), direction spécialisée de la direction générale de la police nationale (DGPN). Maintenant rattachée directement au ministre de l’intérieur, la DGSI est l’unique service français de sécurité intérieure.

Historique

La direction de la surveillance du territoire, créée en 1944, et une partie de la direction centrale des renseignements généraux, née en 1907, ont fusionné en 2008 pour constituer la DCRI. Ces deux services français de sécurité intérieure avaient une histoire et une culture différentes. L’objectif de la réforme a été de regrouper les complémentarités opérationnelles et analytiques des deux structures. Six ans plus tard, la DCRI devient DGSI afin d’obtenir une autonomie de gestion, une augmentation de ses moyens humains et financiers mais aussi la possibilité de recruter des spécialistes à l’extérieur de la police nationale et de s’adapter aux nouvelles menaces comme aux évolutions des métiers du renseignement.

Missions et spécificités

La DGSI dispose d’une direction du renseignement et des opérations, d’une direction technique, d’un service de l’administration générale et d’une inspection générale. Elle dispose également d’un vaste réseau de services territoriaux.

Les missions de la DGSI consistent à lutter contre toutes les activités susceptibles de constituer une atteinte aux intérêts nationaux. Elle est chargée de prévenir et de réprimer, sur le territoire de la République, les activités inspirées, engagées ou soutenues par des puissances ou des organisations étrangères et de nature à menacer la sécurité du pays.

Ces missions s’articulent autour de quatre pôles :

Le contre-espionnage

Il vise à déceler et à neutraliser toute menace résultant des activités de services de renseignement de pays adverses, d’organisations ou d’agents se livrant à l’espionnage, au sabotage ou à la subversion.

La lutte contre le terrorisme et les extrémismes violents

La menace terroriste, très évolutive, exige une adaptation permanente des outils et du dispositif de détection de celle-ci. C’est pourquoi la DGSI combine les capacités d’un service de renseignement et celles d’un service de police judiciaire spécialisé. Ils permettent de détecter, surveiller et le cas échéant d’interpeller les individus, les groupes et les organisations susceptibles de se livrer à des actes de terrorisme ou d’atteinte à l’autorité de l’État.

La lutte contre la cybercriminalité

Face au développement de menaces ayant pour support les technologies de l’information et des communications, la DGSI est chargée de protéger l’État en enquêtant sur les attaques visant ses intérêts fondamentaux, les secteurs stratégiques d’activité et les infrastructures vitales.

La protection du patrimoine économique

La DGSI contribue à la préservation de la souveraineté économique, scientifique et technologique par son action de contre-ingérence économique. Cette mission, qui revêt un caractère préventif et occasionnellement répressif, inscrit dans son champ l’ensemble du spectre des acteurs du domaine, y compris financiers ou du secteur tertiaire, et participe à la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive.

  • Protection de l’entreprise et du monde scientifique français

Cette action s’inscrit dans le cadre de la politique publique d’Intelligence Économique. Elle est que définie par la Délégation interministérielle à l’intelligence économique au niveau national et pilotée par les préfets de Région au plan territorial.

Captations de savoir-faire et de technologie, atteintes à l’image, prédations financières, actes de malveillance, débauchages stratégiques, détournements de clientèle, sont autant de menaces qui pèsent sur les acteurs économiques français, qu’il convient de prévenir, parfois de réprimer par des actions judiciaires, mais aussi de cartographier au travers d’un outil statistique et d’analyse.

La prévention touche près de 10000 acteurs de toutes tailles du monde économique et scientifique, objets d’un suivi. La gamme de prestations, très large, combine travail de contact et de sensibilisation, conférences (environ 1400 conférences pour plus de 70 000 personnes en 2014), évaluations du niveau de sûreté, habilitation au secret de la défense nationale des personnes physiques et morales…

  • Lutte contre la prolifération des armes de destruction massive

Placée au rang de priorité nationale par les autorités gouvernementales, la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive s’intègre également par essence à la protection économique. Elle vise à prévenir et neutraliser les activités de pays proliférants sur le territoire national, en particulier l’acquisition de biens à double usage ou de connaissances, savoir-faire ou technologies, utiles à leur programme d’arme de destruction massive.

Cette action s’appuie là aussi sur un important travail de sensibilisation des acteurs industriels et scientifiques français mais comporte également un volet répressif.

Pour aller plus loin :

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